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Ressources bibliques - 2008-03-06 | Babylone et les Babyloniens

 Ancien Testament

Bélier appuyé sur un
arbuste, IIIème
millénaire av.JC,
nécropole d'Our
 L’antique ville de Babylone se situe dans la partie méridionale de la Mésopotamie (la grande plaine qui s’étend entre le Tigre et l’Euphrate, depuis l’Assyrie au nord et la Syrie à l’ouest jusqu’au golfe Persique) qui correspond au sud de l’Irak actuel. Des villes ont été construites dans cette région depuis la plus haute antiquité, dès que les hommes ont su utiliser l’eau des fleuves pour irriguer les terres. Plusieurs d’entre elles ont constitué, au moins à certains moments de leur histoire, des cités-royaumes plus ou moins indépendantes ou rivales.

La civilisation mésopotamienne est, avec celle de l’Egypte (voir « L’Egypte et les Egyptiens ») l’une des plus anciennes du Proche-Orient. Les Sumériens habitaient le sud de la Mésopotamie dès le IVe millénaire av. J.-C. On a retrouvé des listes de mots, des reçus et des comptes en sumérien sur des tablettes d’argile datant peut-être de 3100 av. J.-C. Plus au nord vivaient les Akkadiens (Gn 10.10n), un peuple sémitique comme Israël. Ceux-ci ont fini par absorber les Sumériens tout en intégrant leur culture : certains textes ont été écrits en sumérien alors que le sumérien était déjà une langue morte depuis des siècles (cf. Dn 1.4n). Une dynastie de rois akkadiens, fondée par Sargon Ier (cf. Ex 2.2n), a régné à Akkad dans la dernière partie du IIIe millénaire av. J.-C. Une autre dynastie, sumérienne celle-là, régnait à Our (Gn 11.28n) tout à la fin du IIIe millénaire. A cette époque, l’artisanat mésopotamien produisait déjà des bijoux d’or et d’argent, des armes de bronze et de cuivre et des statues, comme l’attestent les découvertes extraordinaires qui ont été faites dans les tombes royales d’Our, témoins somptueux de ce qu’on a appelé la « renaissance sumérienne ».

C’est en Mésopotamie qu’on a retrouvé les plus anciennes traces d’écriture. C’est là que s’est développée l’écriture cunéiforme, commune à plusieurs peuples et langues de la région (Babylone et l’Assyrie par exemple), mais aussi empruntée plus tard par les Syriens, les Elamites ou les Perses. Chaque caractère consistait en une combinaison de signes en forme de coins (clous ou fers de lance), imprimés sur des tablettes d’argile fraîche à l’aide d’un roseau, puis d’une sorte de poinçon ou de stylet. Ces caractères (plus de 500 dans certains systèmes) représentaient à l’origine des mots évoquant des objets ou des idées, ensuite des sons (d’abord des syllabes, puis des lettres dans les systèmes alphabétiques), susceptibles de composer un lexique extensible à l’infini.

La ville de Babylone

Babylone elle-même ne devient une ville importante qu’au début du IIe millénaire av. J.-C., après la chute d’Our. Elle a été très puissante pendant un temps relativement court, au XVIIIe siècle ou au XVIIe siècle av. J.-C., sous le règne d’Hammourabi, célèbre par le code juridique qui lui est attribué et qu’on a souvent voulu comparer — ou opposer — à la loi* de Moïse. Babylone a dû ensuite attendre quelque 1200 ans pour que les « Chaldéens » (Gn 11.28n) Nabopolassar et surtout Nabuchodonosor II lui rendent son pouvoir, en fondant l’empire néo-babylonien (voir « Le temps des rois »). Mais même pendant cette longue éclipse politique, Babylone demeure la référence culturelle et religieuse de la région. C’est vers elle que regardent les Assyriens, par exemple, comme l’atteste la similitude des motifs architecturaux ou des panthéons (voir « L’Assyrie et les Assyriens ».

L’empire néo-babylonien et la Bible

C’est surtout à l’empire néo-babylonien que l’histoire biblique a affaire. Déjà Mardouk-apla-iddina, alias Mérodak-Baladan, qui parvient à se proclamer roi de Babylone en 721 à la faveur de troubles dans l’empire assyrien, cherche un allié en la personne d’Ezéchias, roi de Juda (2R 20.12ss ; Es 39.1ss). En 614, Assour tombe aux mains des Mèdes, qui s’allieront aux Babyloniens pour s’emparer de Ninive en 612. Peu après, les Babyloniens sont maîtres de toute la région. Le pharaon Néko (cf. 2R 23.29ss) marche vers l’Euphrate et combat aux côtés des Assyriens à Karkemish en 605 av. J.-C. (Jr 46.2n), mais l’armée babylonienne, conduite par Nabuchodonosor, le défait. Les Egyptiens doivent battre en retraite.

Comme l’armée babylonienne progresse vers le sud, Joïaqim, roi de Juda, doit se faire vassal de Nabuchodonosor. Quelques années plus tard, il change d’avis et se révolte. L’année de sa mort, les armées babyloniennes assiègent Jérusalem. Joïakîn, successeur de Joïaqim, se rend. Il est emmené captif à Babylone avec beaucoup de Judéens (2R 23.36-24.17). Un texte cunéiforme indique les rations qui lui sont attribuées dans sa captivité, à lui et aux membres de sa famille. Le siège est daté (du 15/16 mars 597 av. J.-C.) dans la Chronique de Babylone : « Le roi d’Akkad réunit ses troupes, marcha vers le pays de Hati, dressa son camp contre la ville de Juda... prit la ville et captura son roi. » Dix ans plus tard, Sédécias, roi de Juda, mis en place par Nabuchodonosor, se rebelle encore contre Babylone. Cette fois, les Babyloniens détruisent Jérusalem et son temple ; ils exilent encore une partie de la population à Babylone (2R 24.18-25.12 ; voir l’encadré « L’après-Josias ».

Les exilés de Juda découvrirent sans doute avec étonnement la grande ville que Nabuchodonosor avait reconstruite (cf. Dn 4.27). Babylone était protégée par un large fossé et une double muraille de briques. Les deux murs, respectivement de 3,70 m et 6,50 m d’épaisseur, étaient séparés par un chemin de garde. Des huit grandes portes de Babylone, la plus connue est la porte d’Ishtar (déesse de la fécondité), au nord. Le porche était orné de taureaux (symboles du dieu Bel) et de dragons (symboles de Mardouk, le dieu patron de Babylone). La grande rue des processions, par laquelle on transportait les statues des dieux pour la fête du nouvel an, était bordée de murs de briques émaillées avec des reliefs de lions polychromes, symboles de la déesse Ishtar. Elle conduisait de la porte d’Ishtar vers le centre de la ville où se trouvaient les grands temples, notamment l’Esagil, le temple de Mardouk. En tout Babylone comptait cinquante-trois grands temples, outre d’innombrables petits sanctuaires, une grande tour (ziggourat), une citadelle et un vaste ensemble d’édifices royaux et administratifs. L’abondance des représentations et des symboles religieux n’a pas pu manquer de frapper l’imagination des exilés. On a pu en relever de nombreuses traces dans les images foisonnantes du livre d’Ezéchiel (voir « L’Exil et la Bible ». De fait, la longévité littéraire et symbolique de Babylone dans le monde juif, puis chrétien, excède de beaucoup le temps de son existence historique (cf. 1P 5.13n ; Ap 14.8).

La fin de Babylone

Malgré toute sa gloire, l’empire néo-babylonien ne dura pas un siècle. En 539 av. J.-C. il était prêt à tomber aux mains de Cyrus, le Perse, qui se fit acclamer « roi de Babylone ». Celui-ci autorisa les exilés à rentrer chez eux et à reconstruire leurs villes et leurs temples, mais une importante communauté juive resta en Babylonie et se perpétua jusqu’au Moyen Age (voir Talmud*).



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